La matrescence ou la naissance d’une mère

Matrescence

Aujourd’hui, je souhaitais vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur depuis que je suis devenue maman, la matrescence. Qu’est-ce que c’est ? Ce mot est la contraction de « maternité » et « adolescence », l’adolescence des mamans en quelque sorte. Cela pose un mot sur le chamboulement émotionnel que l’on ressent lorsque l’on devient parent. Un concept encore peu connu en France, mais qui commence à faire parler.

Ma grossesse et ma prise de conscience

Depuis que je suis devenue maman, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Une grande partie de ce que j’étais, ce que je pensais et de mes convictions a volé en éclat.

Le processus a commencé pendant la grossesse. Ces 9 mois de parenthèse enchantée ont été pour moi l’occasion d’apprendre à m’écouter afin de garantir le bien-être du bébé. Ce fut une véritable prise de conscience. Dès la découverte du test positif, j’ai ressenti une très grande responsabilité. Mon corps ne m’appartenait plus, il était partagé par un petit être qui, lui, avait besoin de toute mon attention et ma bienveillance envers mon corps. J’ai alors appris à m’écouter et à prendre en considération les petits désagréments que je pouvais ressentir. Au cours de mon deuxième trimestre, j’étais à bout de force. Totalement anémiée avec une tension très basse, j’écopais régulièrement de vertiges au cours de mes journées. À ceci, je contractais plus qu’il ne fallait, des contractions douloureuses et extrêmement épuisantes. J’ai donc été arrêtée.

L’arrêt m’a permis de me rendre compte d’une chose : je me rendais physiquement malade au travail. Tous les symptômes que je ressentais au quotidien avant la grossesse se sont envolés : dos bloqué, névralgies dentaires, tics nerveux… Tout a intégralement disparu.

nouveau né

J’ai fini ma grossesse au repos total, incapable de pouvoir bouger de chez moi. L’hyperactive en moi pensait ne jamais en être capable. Et pourtant… J’ai appris à me poser, à profiter à 200% de cette merveilleuse période qu’est la grossesse. C’était magique ! Peu importaient les douleurs et les doutes, je sentais mon bébé en moi, je lui donnais mon amour, lui lisais des histoires,… J’ai adoré être enceinte 🙂 . Le processus de la matrescence avait commencé, je sentais que petit à petit, je changeais.

De la naissance de mon fils à la naissance d’une mère

Et puis, Logan est né. Et ce fut un véritable tsunami émotionnel. Des départs chaotiques avec un énorme baby blues qui aura duré pas moins de 1 mois et demi, beaucoup d’angoisse de mal faire, une perte totale de confiance en moi, en mon rôle de mère, j’ai appris à m’écouter, à écouter surtout mon bébé, et j’en suis sortie plus forte et grandie. Ce baby blues couplé à cette nouvelle position sociale m’a fait me questionner sur ma vie entière. Qui étais-je ? Que voulais-je ? Qu’est-ce qui m’importait vraiment dans la vie ? Qu’elles étaient et qu’elles sont mes priorités ? Comment je me sentais face à ce petit être que je connaissais à peine ? Quel genre de mère je souhaitais être, et ne pas être ? Ce fut une véritable remise en question. Et effectivement, cela peut réellement s’apparenter à la période de l’adolescence. On pense au modèle que l’on a eu, à ce que l’on a vécu dans notre vie, à ce qu’on était il y a peu et on se construit notre propre identité de mère, avec nos bagages et notre ressenti.

maman et bébé

Pour moi, c’est réellement à cette période-ci que l’on s’affirme. Maintenant, nous sommes responsables d’un petit être qui, lui, n’a jamais demandé à être là, sacrée responsabilité ! On apprend à savoir ce que l’on veut, et à faire valoir son droit. Moi qui étais très timide, j’ose dire non ! Si cela peut nuire à mon fils, alors, je ne suis pas d’accord. J’ose faire face aux critiques, bien acerbe sur ma façon d’éduquer mon fils. Quand il s’agit de parentalité, tout le monde a son mot à dire et croit avoir tout droit sur l’enfant d’autrui, surtout lorsqu’il s’agit de la famille. Et bien non ! Désolée, mais non ! Comme vous pouvez le voir, mes avis sont maintenant très tranchés. Une vraie affirmation de ma personnalité… Un résultat de ma matrescence 😉 .

De la naissance d’une mère à une véritable renaissance

Futures mamans, j’espère ne pas vous faire trop peur. Cette naissance ou plutôt renaissance est, je le pense, inévitable. Elle a d’ailleurs été prouvée scientifiquement. Lors de la naissance de son premier enfant, sous l’influence hormonale, mais également instinctive, le cerveau de la femme change pour toujours. Sa composition chimique se transforme, certaines zones du cerveau jusque-là inactives se réveillent et, ce, à jamais.

On m’avait beaucoup dit : « tu verras lorsque tu seras maman ». J’ai toujours détesté ce genre de phrase, trop condescendante à mon goût. Mais pour le coup, je dois bien l’admettre, il est impossible par avance de savoir comment l’on sera lorsque nous serons parents. Tous les principes volent en éclats. Férus de boulot ? Peut-être que vous ne voudrez vous consacrer qu’à votre petit bout. Avec mon enfant, je ferai de telle manière, un point c’est tout ! Hum, au final, une fois sur le terrain, vous pourrez totalement changer d’avis,… et tout va être comme ça.

Finalement, je suis devenue une personne totalement différente de la femme que j’étais il y a un an. Je peux même vous dire que je ne me reconnais pas moi-même. Je voulais être maman plus que tout au monde. J’étais loin de m’imaginer que je m’intéresserais autant à la parentalité et au maternage proximal. Je suis cette femme qui s’épanouit plus au contact de son fils que nulle part ailleurs. Il m’a fait grandir, prendre confiance en moi, pourtant j’en manquais cruellement. Je n’ai plus honte de mes positions ni de ce que je suis. Je suis moi, avec mes défauts et mes qualités, mais surtout, je suis une maman. Alors oui, vous direz que c’est assez réducteur de se considérer principalement comme une maman, la société nous dira que c’est mal. Nous nous devons de ne pas être simplement une maman, mais d’être également une femme, une travailleuse, la « working mum » ! Alors, oui, je trouve ces femmes fabuleuses. Mais, ce n’est pas moi, ce n’est pas ce dont j’ai envie. Je me définis maintenant comme avant tout une maman. Et j’en suis fière !

maman et bébé bisous

Et vous aussi, soyez fières de la maman que vous êtes ou que vous deviendrez ! Vous êtes légitimes, personne ne peut savoir ce qui est le mieux pour vous. Vous seules le savez ! N’ayez pas honte et n’ayez pas peur. Vous ne savez pas où vous en êtes ? C’est normal ! Prenez votre temps, apprenez à vous écouter et vous connaître avec cette nouvelle place qu’est la vôtre. N’écoutez pas ce que la société ou vos proches vous dictent. Trop de pression pèse sur les épaules des jeunes mamans, beaucoup de honte est ressentie. Honte de vouloir se consacrer à son bébé, honte de ne pas trouver assez de temps pour bien s’occuper de sa maison, honte de tomber en dépression post-partum (je vous en reparlerai plus tard), honte d’allaiter longtemps, honte de ne pas allaiter,… Stop ! Écoutez-vous, écoutez votre bébé et profitez 🙂 . La maternité est merveilleuse !

J’espère que cet article pourra aider de jeunes mamans un peu perdues, faire connaître également ce phénomène qu’est la matrescence. Un podcast très chouette a été monté par la journaliste sportive Clémentine Sarlat : « La matrescence ». Je vous invite à l’écouter, il est réellement très intéressant. N’hésitez pas à partager cet article sur les réseaux sociaux afin d’aider un maximum de gens et à me laisser un petit commentaire pour me faire part de votre propre expérience de jeune maman, ou de vos doutes et peurs de future maman.

Je vous souhaite une belle journée et vous dis à tout bientôt 🙂

Muxu

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